Nivelles (Brabant wallon, Belgique)

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              4 Description archivistique résultats pour Nivelles (Brabant wallon, Belgique)

              BE A4006 FE 110 · Fonds · 1853, 1930-1997

              Le fonds est constitué des documents liés à l’activité des architectes Maurice et Ghislain Ladrière concernant la restauration de la collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles. Il couvre principalement la période des travaux qui s’étendent de 1931 à 1984.

              La collégiale de Nivelles a connu diverses modifications architecturales au fil du temps. Au XIXe siècle, un projet de restauration de l’édifice « à son état primitif » émerge, favorisé par le mauvais état des maçonneries du clocher. L’architecte Raymond Carlier mène des sondages du sol de l’avant-corps en 1849 et fait des premières découvertes archéologique. La ville de Nivelles charge alors l’architecte A. Moreau de travaux conservatoires. En 1859, un incendie interrompt les travaux et détruit la flèche en bois de l’édifice. En 1860, après concours, l’architecte Émile Coulon entreprend la construction d’une haute flèche gothique dont les travaux freinés par le manque d’argent s’achèvent en 1865. Un programme général de restauration de l’ensemble de la collégiale est demandé par la Ville en 1886, suite à l’insatisfaction de plusieurs spécialistes regrettant l’état primitif de la collégiale. L’ingénieur gantois Arthur Verhaegen se limite à la rénovation du chœur oriental dans un premier temps. Des références aux relevés, études, plans des projets et travaux de cette époque sont visibles dans le fonds.

              La Première Guerre mondiale marque un temps d’arrêt dans les travaux de restauration. Devant l’aggravation de l’état de l’église, le projet d’une restauration globale est relancé par des personnalités nivelloises qui créent le « Fonds permanent pour la restauration de la collégiale Sainte-Gertrude » en 1931. Les architectes Émile Van Halen et Maurice Ladrière en sont membres cooptés dès sa fondation et sont rejoints par Simon Brigode, architecte et archéologue, en 1937. Ils se chargent des relevés indispensables et de recherches ponctuelles. Le monument est classé par Arrêté Royal en 1936. Leur projet de construction d’un nouveau jubé dans le bras nord du transept oriental en remplacement du massif « champignon » servant de support à l’orgue et qui encombre l’ancien « chœur des Dames » ne verra jamais le jour. Ils se penchent ensuite sur le projet de la fabrique d’église de garnir d’un vitrail la « fenêtre ogivale » de la façade occidentale de l’avant-corps afin de remettre en valeur l’ancien chœur occidental. La fabrique émet également le souhait du rétablissement des entrées latérales par les porches Samson et Saint-Michel. Les relevés d’architecture sont exécutés, mais les travaux ne sont pas effectués : c’est la fabrique d’église qui est Maître d’ouvrage pour la province du Brabant et non le Fonds. Le projet de restauration des voûtes des trois nefs de l’église connaît un sort plus positif. Les travaux sont confiés à la firme nivelloise Tamigneaux, adjudicataire des travaux d’échafaudages, et les décapages seront exécutés en régie. Le Fonds établit un programme complet des travaux de restauration à exécuter en phases successives : restauration des trois nefs, du transept oriental, du transept occidental, de l’avant-corps, du chœur oriental. Pour cette période, voir la série « Fonds permanent pour la restauration de la collégiale ».

              Les travaux entrepris sur les bas-côtés nord sont pratiquement terminés lorsque la collégiale subit le bombardement allemand et l’incendie qui s’ensuit ravageant le centre-ville de Nivelles le 14 mai 1940. Le dommage immobilier est considéré comme total : l’ampleur des destructions est telle que la collégiale est libérée de toutes ces constructions adjacentes en ruine (dont l’Hôtel de ville pour lequel nous disposons des documents de demandes de dommages de guerre). Elle fera l’objet d’une restauration totale vu son état de ruine. Les architectes exécutent des relevés systématiques de l’église en ruine et dressent une impressionnante série de plans donnant les états avant et après incendie. Ils dressent les premiers dossiers de restauration. Durant les années de guerre, les architectes dirigent les travaux de déblaiement, couverture, consolidation et de sauvegarde indispensables. En 1943, le Commissariat général décide que seuls les travaux soumis à adjudication seront autorisés à partir de la fin de l’année. Dès lors, les travaux ralentissent. Pour cette période, voir la série « Seconde Guerre mondiale ».

              Après la Libération, l’octroi de dommages de guerre permet d’élaborer un programme d’ensemble de la restauration. Sa première phase commence dans l’église du XIe siècle s’étalant de 1948 à 1959 sous la direction des architectes Maurice Ladrière et Simon Brigode (Émile Van Halen s’éteint en 1948). Après adjudication, les travaux des deux phases (restauration de l’église et avant-corps) sont attribués et exécutés par la firme Vandekerckhove d’Ingelmunster. Les études et projets réalisés en temps de guerre sont remis sur le métier afin de préciser les détails et présenter le projet suivant les nouvelles règles administratives. Des débats faisant intervenir la conception de restauration selon les principes d’unité stylistique ou d’apports des siècles apparaissent autour des travaux des voûtes, des pentes des toitures, des parements intérieurs et du pignon Saint-Pierre. Pour cette période, voir la série « Première phase (1948-1959) ».

              La deuxième phase des travaux a pour objet l’avant-corps. Elle débute en 1971 sous la conduite des mêmes architectes auxquels succèdent en 1978 Ghislain Ladrière et Walter Hanse. Les travaux sont achevés en 1984. En 1972, les architectes et ingénieurs mandatés par la Ville sont rejoints par l’archéologue Claudine Donnay-Rocmans. Le projet de restauration est rentré en 1969 et adjugé en 1970. La restauration touche autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’avant-corps. A l’extérieur, un véritable curetage permet l’élimination de toutes les maçonneries parasites qui ont « densifié » la partie centrale. Une analyse archéologique logique et le parti architectural de restitution permettent de compléter les parties détruites. A l’intérieur, pour remédier aux désordres survenus au cours des âges dans les structures portantes, une ossature de renforcement en béton armé est incorporée aux maçonneries. Toutes les baies, niches et galeries peuvent ainsi être rétablies. La grande salle, à l’étage supérieur du coffre, est débarrassée des épaisseurs de briques cousues d’ancres qui la rétrécissaient. Les couvertures d’origines, les voûtes et coupoles ont été restituées et restaurées.

              La solution à adopter pour le couronnement de l’édifice suscite durant plusieurs années des polémiques. Dans un premier temps seule la solution de la restitution tour carrée surmontée d’une haute flèche de style gothique rappelant celle détruite en 1940 est proposée à la demande de la Ville. Les architectes dresse un avant-projet dans ce sens dès 1956. Dans le même temps, ils proposent une variante libre : un clocher octogonal surmonté d’une flèche basse. Le projet gothique de la Ville est mis en adjudication et les travaux commencés. Toutefois, il est prévu que toute découverte significative en cours de démontage permet de reconsidérer cette décision. Des découvertes faites lors des travaux permettent de confirmer le caractère nettement « roman » de la construction. Le débat est ouvert quant à la solution à adopter entre les spécialistes et les autorités qui n’arrivent pas à se mettre d’accord. Un référendum est organisé auprès de la population par la ville de Nivelles en décembre 1974. Le choix « roman » l’emporte et est effectué. Pour cette période, voir la série « Deuxième phase (1971-1984) ».

              Le fonds comprend également des documents concernant la réalisation des vitraux dont l’adjudication est lancée en 1986 et la réalisation s’effectue jusqu’en 1997. Cette décennie est également couverte par quelques documents ayant traits à la finalisation et aux détails des travaux.

              L'analyse de ces archives permet de mettre en avant les différentes phases nécessaires à la mise en place d'un projet architectural d'une telle envergure (études, adjudication, avancement...) ainsi que ses différents acteurs qui dépassent l'équipe d'architectes (Commission royale des monuments et des sites, les ministères, la fabrique d'église, la ville de Nivelles, archéologues...). Elles permettent de mettre en lumière les processus décisionnels complexes à l’œuvre tout au long du chantier ainsi que les différents projets qui ont été présentés, annulés et modifiés.

              Une des limites de ce fonds est la perspective unilatérale du déroulement du chantier par l'abondance des documents issus des architectes Maurice et Ghislain Ladrière (notamment de la correspondance).

              Ladrière, Ghislain